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- PARDON :
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Tromper quelqu’un, ensuite, attendre son pardon. On ne peut pas pardonner sans avoir été trompé. Or, il est plus facile de tromper que de détromper. Quand une femme pousse son mari dans les bras d’une autre femme, son épouse se sent trompée, mais c’est bien elle qui en est la cause. S’il y a quelqu’un de fautif c’est bien l’épouse à qui remettre la punition du péché, laquelle devrait renoncer à tirer vengeance sur son mari, donc à lui pardonner. Dans une trahison la confiance est quasiment impossible à réparer, parce que les séquelles sont enregistrées dans la mémoire, qui laisse des alarmes, des petites défiances en éveil permanent. Autrement dit, il est plus difficile d’oublier que de revivre la confiance qui demeure dans le passé. Provoquer un mensonge, trahir, être infidèle (ou pousser quelqu’un à l’infidélité) est une tendance ou un comportement de malade mental préfabriqué.
On dit couramment que comprendre, c’est pardonner, et que tout comprendre, c’est tout pardonner. Or la compréhension a deux fonctions distinctes, l’une la volonté, l’autre l’exigence (VOIR COMPRENDRE). La tolérance est une volonté, non une exigence. Ainsi, pardonner est une volonté, alors que l’exigence ne tient pas compte du pardon, puisqu’elle mémorise les défiances, lesquelles restent toujours sur leurs gardes, comme une biche aux aguets.
Quand le corps est accidenté, la douleur n’est pas mémorisée, le corps n’en garde pas le souvenir ; par contre, quand le psychique est blessé, la douleur est mémorisée et le souvenir de la souffrance est continuellement présent à l’esprit, on pourrait dire : « Le corps pardonne, pas l’esprit. » Ainsi, même quand quelqu’un pardonne à une personne, la prudence tolère le pardon avec sursis, mais ne pardonne pas de manière totale, durable et définitive, elle reste constamment soucieuse, elle marque une attention vigilante.
Copyright 2005. Nicolas Jean-Antoine Sénia. Soyaux – France.
Voir aussi :
COMPRENDRE,
INNOCENT
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Nicolas Jean-Antoine Sénia
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