En amitié, la personne vraie est quelqu’un d’exceptionnel, elle est rare parce que la majorité de ceux qui ne le sont pas persistent dans l’attitude impersonnelle, hypocrite, téméraire, excentrique, vieillie, banale, ordinaire, médiocre, discréditée, indéfendable, etc. C’est ce conservatisme d’origine schizophrénique qui, avec le paralogisme et le sophisme, entretient la peur, l’ignorance et fabrique le néoprimitivisme. La fusion anarchique de toutes ces mentalités conservatrices de conflits et d’usurpations provoque l’oubli de l’amour (l’art d’aimer et de sécuriser), la séparation de la fraternité (l’affinité) et de la famille (le couple et les enfants). Ainsi, d’un côté, l’esprit paralogiste est de bonne foi, mais il a un raisonnement faux (souvent, il dépend du sentiment) ; de l’autre côté, l’esprit sophiste est de mauvaise foi, il a un raisonnement à l’apparence logique et correcte, conçu avec l’intention de tromper ses semblables, afin de mieux profiter d’eux (en général, il dépend de l’imagination).
Le paradoxe du néoprimitif est d’ignorer ce qu’est le soi-même, en se persuadant d’être soi-même, il est également versatile. Attention ! Cette coutume d’être versatile est une conduite qui n’appartient pas au caractère naturel de la personne néoprimitive, mais elle est la conséquence du conditionnement acquis par la force irrésistible des médias ; ils font oublier les repères biologiques et à la place ils provoquent la manifestation des anomalies psychiques qui font alterner les périodes d’excitation (instabilité, euphorie) et de dépression (apathie, mélancolie), ils sont responsables des comportements néoprimitifs. Le néoprimitif est dépourvu de sa propre autorité personnelle et soumis aux influences psychologiques et philosophiques, lesquelles l’obligent, à son insu, à changer facilement d’opinion : tantôt c’est le sentiment (l’emprise psychologique) qui le domine et parfois c’est l’imagination (la tutelle philosophique).
Quand il dépend du sentiment, il ne tient jamais compte de l’imagination, à moins qu’il convertisse la dépendance du sentiment en dépendance de l’imagination ; ou bien, quand il dépend de l’imagination, il ne tient jamais compte du sentiment, à moins qu’il convertisse la dépendance de l’imagination en dépendance du sentiment. Il change souvent d’avis, tantôt d’un côté et tantôt de l’autre ; ainsi, il fonctionne sans être soi-même en croyant agir naturellement de lui-même.